HEUREUX AVEC PEU
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LE BUDGET Le facteur temps influe énormément sur le budget ; je l’ai découvert en observant les vacanciers souvent pressés car disposant de peu de temps. Lorsque les tarifs me semblaient excessifs, je faisais preuve de patience ou trouvais une autre alternative. Par exemple, en arrivant à l’aéroport de Tokyo au Japon, on me demandait 30 euros pour regagner le centre ville (70 Km) en bus, la nuit allait tomber, je déciderai donc de trouver un endroit pour camper (forêt) et reprendrai mon vélo le lendemain matin sans penser davantage au trafic intense caractérisant certaines routes japonaises. C’est toute la liberté et la flexibilité qu’apporte le voyage à vélo ! La peur me semble être également une source de dépenses, on déjeune dans un restaurant touristique (beaucoup plus onéreux) de peur d’être malade en consommant la nourriture vendue dans la rue, on change vite de l’argent ayant peur d’en manquer (taux de change pas forcément optimum)…. J’ai donc appris à prendre le temps et à lutter contre mes peurs. Cela ne s’avérait pas toujours facile car j’étais parti avec mes craintes et j’avais quitté une vie hyper active ! Sur les conseils des cyclos rencontrés avant mon départ, je m’étais fixé un budget journalier de l’ordre de 9 euros (300 euros/mois) quelque soit le pays : à moi de m’adapter. Cela comprenait la nourriture et l’hébergement ainsi que les faux frais (courrier, musées, glaces …). Pour constituer cette réserve financière, j’avais travaillé six ans en faisant régulièrement trois cents euros d’économies par mois, j’ai également eu la « chance » d’être licencié économique en touchant une prime conséquente. Cela ne m’avait pas contraint à d’importantes privations, il m’avait juste fallu ne pas tomber dans le monde du consumérisme et ne pas vivre à crédit. Faire parfois preuve de bon sens et accepter certaines contraintes, en me chauffant au bois (j’étais forestier), j’avais pu faire des économies non négligeables sur mes factures d’électricité... . Avant de partir, j’avais vendu les quelques “biens” que je possédais : voiture, télévision, skis, … En fait, je pense qu’en voyageant avec un petit budget j’ai fait plus de rencontres ; en quelque sorte, cela a rendu le voyage plus “riche”. Avec plus de moyens, j’aurais fréquenté plus souvent l’hôtel et aurais été moins en contact avec les populations. De plus, avec peu de moyens, j’ai dû développer davantage mon sens de l’imagination et ma créativité. Notamment, lorsque quelque chose cassait. Au lieu de remplacer systématiquement, j’ai beaucoup appris par moi-même à réparer. Pour mieux cerner ce que représentait le budget global de ces six années de voyage, de retour en France, je me suis rendu chez un concessionnaire automobile pour voir quelle voiture j’aurais pu m’offrir. Eh bien, rien de plus qu’un Monospace, soit l’équivalent d’environ 30 000 euros ! |
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